Mondialisation et capitalisme débridé

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

L ‘économie artificielle, l’économie virtuelle :

US-ATTACKS-TRADE CENTER RUBBLE

Les ruines du World Trade Center, symbole de la ruine des finances mondiales

Des junk bonds à Madoff, en passant par Enron, et les subprimes, comment  comprendre les mécanismes de la mondialisation ?
Le problème dans l’information est sa dispersion, sa parcellisation. Quand survient un événement, moi le premier, on vous balance en vrac des informations sur tel ou tel scandale, sans les relier les uns aux autres. Hier on évoquait l’affaire des Saving & loans, américains, les junks bonds qui ont servi à financer ces opérations. Je rappelle les chiffres : la crise des « Savings and Loans » a ravagé le monde des Caisses d’épargne américaines au cours des années 1980. Près de 80% d’entre elles ont disparu dans la tourmente, 747 en tout, sur l’ensemble du territoire américain. Le coût de cette crise est estimé à environ $160.1 milliards de dollars, dont $124.6 milliards assumés directement par le Trésor américain, donc par les contribuables.
Je vous ai exposé la question dans un billet du 19 novembre dernier
Cette affaire est surtout à l’origine de la politique de crédit à tout va grâce à laquelle l’économie américaine a gonflé démesurément, bulle après bulle. Sans pilotage apparent. Puis, plus tard, est venue l’affaire ENRON, une société texane, intermédiaire sur le marché de l’énergie. Elle achetait et elle vendait des tonnages de pétrole et de gaz, sans matérialité. ENRON était plus virtuelle que réelle puisque dans le marché de l’énergie elle jouait un rôle d’intermédiaire qui, n’étant pas essentiel, ne pouvait pas assurer de revenus suffisants. Les comptes étaient contrôlés par la société d’audit Arthur Andersen. ENRON bénéficiait de la plus grande bienveillance des politiciens républicains, très hostiles aux vrais contrôles, comme je l’ai déjà relevé : plus de 100 membres du Congrès ont reçu des contributions d’ENRON à leur caisse électorale. Le vice-président, Dick Cheney, a recu plusieurs fois Kenneth Lay, président d’ENRON, dans le groupe de travail sur l’énergie dont il assumait la présidence. Pour George Bush, Kenneth Lay c’était Kenny Boy.
À son sommet, en janvier 2001, l’action d’ENRON valait 83$, un an plus tard, elle tombe à 0,67$. Pendant qu’à New York, les tours du World Trade Center s’effondraient, sous les coups d’activistes de l’extérieur, appelés terroristes, à Houston, au Texas, implosait ma société ENRON, 4.000 emplois perdus à la clé, une perte pour les actionnaires de 63 milliards de dollars. Une perte surtout pour les fonds de pension assurant leur retraite à des millions d’Américains.
On croyait avoir tout vu. Eh bien non : l’effondrement du système basé sur les subprimes et produits dérivés a provoqué des pertes encore plus énormes, à ce jour incalculables. Finalement l’escroquerie en forme de pyramide de Ponzi montée par Bernard Madoff et sa société « Bernard Madoff Investment Securities » est à la limite relativement moins importante. Mais la responsabilité de l’absence de contrôle est tout aussi évidente que pour ENRON.
Toutes ces affaires relèvent d’un seul et même principe : la maximisation des profits. On ne travaille plus sur la réalité de la production, mais sur le potentiel de profit fondé sur une exploitation anarchique du capital investi. Ou de l’absence de capital. Quand un fonds spéculatif rachète une entreprise, il ne sort pas un sou de sa caisse, même pas de la poche de ses dirigeants. L’acquisition est totalement financée par recours au marché des capitaux. Autrement dit par les banques qui préfèrent s’investir dans ce genre d’opérations qualifiées de hautement profitables que dans le financement de l’industrie, des entreprises qui produisent une matière réelle, des voitures aux trains en passant par l’acier et les produits chimiques.
Mais ces industries elles-mêmes fonctionnent sur le même principe de la valorisation maximum, sans lien réel avec les impératifs du marché. Et cette valorisation maximum passe par un abaissement continu des coûts de production qui sont systématiquement alignés sur les plus bas. C’est-à-dire sur les coûts apparents constatés dans les pays en voie de développement.
D’où les délocalisations. Les délocalisations ne reposent pas sur des impératifs industriels, mais exclusivement sur des impératifs de valorisation financière. On ne se préoccupe pas de la dégradation continue du tissus industriel dans les pays développés, on soustraite tout dans les pays en voie de développement. Sans se préoccuper non plus des conditions de travail. Ainsi voit-on des entreprises prospères, encaissant de larges profits, comme Arcelor-Mittal, Valeo ou Michelin, qui n’hésitent pas à licencier de façon « préventive », parce que les perspectives ne sont plus aussi bonnes. Le seul objectif es bien de « maximiser » le profit. Ainsi la mondialisation relève-t-elle du même mécanisme que les scandales financiers.
Incontournable pour le financement des investissements, le capitalisme n’est pas en soi critiquable, on n’a pas encore trouvé d’autre moyen pour assurer un développement continu. Mais sa pratique débridée et sans contrôle, souvent largement criminelle, est de plus en plus dangereuse. C’est presque un truisme de le constater.

Précisions à propos du fonds Madoff

Il n’y a pas de petits épargants victimes directes en France pour une raison simple : il fallait être un gros épargnant pour entrer dans le fonds Madoff, le ticket d’entrée était à 1 million de collars. Pas à la portée de tous.

En fait, à l’origine, il n’était sûrement pas un escroc. tous les éléments concernant sa société étaient clairs, et même transparents, tout était déclaré à la SEC, des bulletins fréquents nous tenaient au courant de l’évolution de la société. Contrairement à ce qui a été écrit, les taux d’intérêt promis étaient très variables, de 4 à 10%, loin des 11 % généralement annoncés. A un moment, il a dû ^tre dépassé, poussé à promettre des taux d’intérêt plus élevés.

Mon conseiller financier a vu passer entre ses mains de nombreux titres Madoff, il affirme s’en être toujours méfié. Ses explication me paraissent très claires. L’affaire est bien dans la logique de la course à la valorisation maximum, pas forcément raisonnable d’ailleurs sous la pression des retraités émargeant aux fonds de pension, soucieux de voir leur rente augmenter toujours plus.

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