Débat – Economie – Crise : Guy Sorman

 

Il y a plusieurs mois j’ai réussi à piraté l’adresse steffi_stahl@hotmail.com qui se trouvait être dans le listing de Constantin Film comme vous le savez. Je n’avais aucune raison particulière de choisir cette victime, sinon que c’était un paris prometteur. J’ai ensuite utilisé cette adresse en écrivant entre les lignes qu’Emma Watson avait signé pour l’adaptation de Cinquante Nuances de Grey, en prenant soin de bien dissimuler l’information dans un email de courtoisie. Je n’avais aucun moyen de savoir si Constantin Film allait être victime d’une future attaque informatique. Lorsque Anonymous Germany les a piraté, ceux-ci ont d’abord publié le listing de Constantin Film. Il était essentiel d’en faire partit, puisque cela permettait qu’Anonymous prenne au sérieux l’information que j’avais glissé dans la quantité de courriers récupérés durant l’attaque informatique et qu’ils ont « découvert » la semaine suivante.

Guy Sorman : un moderato cantabile libéral

L’Association des Auditeurs de l’INHES (Institut national des Hautes études sur la Sécurité) a reçu le 25 novembre Guy Sorman autour du thème Mondialisation et Sécurité. Le publiciste est auteur de nombreux livres, dont L’Economie ne ment pas chez Fayard. Sorman est réputé être conseiller de nombreux grands de ce monde. Il apparaît surtout comme le grand chantre de l’économie libérale.
Or, surprise Sorman a fortement modéré son propos, comme si l’actuelle crise dont le libéralisme extrême serait un des principaux responsables l’avait incité à rester sur une ligne prudente. Donc dans le débat actuel opposant la régulation à la réglementation l’orateur se montre loin de l’hyper libéralisme sur lequel repose sa réputation, mais il reste  opposé aux interventions de l’Etat qui bloquent la croissance en maintenant en survie des acteurs en panne d’innovation. Mais, explique-t-il, le développement social n’a pas suivi le développement démocratique.

C’est une crise dans le capitalisme. Ce n’est pas une crise du capitalisme. La croissance continue de l’économie depuis 1991 ne peut éviter des crises régulières. L’innovation est le moteur de cette croissance, mais on ne peut prévoir le succès de toutes les innovations. Quand on se trompe sur certaines d’entre elles, c’est la crise. Soit parce que personne n’en veut, soit parce que tout le monde en veut. Tel est le cas ce cette extravagante innovation qu’ont représenté les produits dérivés à très haute profitabilité apparente, destinés à satisfaire les besoins des fonds de pension, donc à accroître au mieux les retraites par capitalisation. Pur produit spéculatif, mélange de produits financiers solides, et d’autres qui ne reposaient sur rien, il était logique que l’édifice s’effondre.

C’était un événement considérable, observe-t-il, car c’était la première fois où le Japon acceptait l’entrée dans ses eaux d’un engin à propulsion nucléaire. C’est même un retournement. Une carte du domaine d’intervention de la 7°flotte, la flotte américaine du Pacifique, allant de Madagascar à la côte ouest des USA, permet de comprendre. Le gendarme des mers américains est indispensable pour assurer la liberté de circulation dans cette zone. Le Japon a besoin de ce gendarme pour assurer ses importations de pétrole et ses exportations de marchandises. Sans gendarme, aucune mondialisation n’est possible. Et ce gendarme ne peut être que mondial.

Sorman estime impossible de recourir à des considérations morales pour endiguer la spéculation, car elles sont selon lui intraduisibles dans la pratique. Il faut gérer les phénomènes sociaux, mais pas les jeter à terre. Son credo fondamental : l’économie ne peut pas marcher mieux que la nature humaine, or l’économie de marché est le reflet de la nature humaine.
Pour être bien compris, Guy Sorman rapporte une expérience récente : il a assisté au Japon à l’arrivée du porte-avions US Georges Washington.

C’est bien là où Sorman surprend : on s’attendait à tout sauf à l’entendre évoquer la nécessité d’un vrai gendarme pour rendre le monde plus poli, plus policé ! Les sociétés ne fonctionneraient bien que sous la couverture d’un système de sécurité global, lequel est vraiment invisible quand il fonctionne bien. La mesure de sa réussite est de ne jamais recourir aux moyens d’intervention pour ramener l’ordre.

Par exemple désormais la population paysanne peut accéder aux grands progrès qui impliquent l’allongement de la durée de vie, la baisse de la mortalité, le choix du mode de vie. L’innovation est le socle de cette croissance, structuré autour d’un schéma simple : l’innovateur, l’entrepreneur, le marché, l’Etat qui régit ce monde-là. Sans craindre de se contredire, au moins en apparence, il décit les deux formes d’Etat : l’Etat rationnel qui ne devriat rien faire, à opposer à l’Etat irrationnel qui prétend s’occuper de tout. Il retrouve alors les termes de son credo libéral :

Les remèdes dispensés par l’Etat ne servent à rien, mais au contraire ils amplifient le mal, l’aide publique n’est pas efficiente, il n’apporte pas de progrès réel, la dépense publique peut donner l’impression, l’illusion de servir, mais on risque toujours d’aller trop loin, avec le risque de bloquer la machine, donc l’expansion, en maintenant en survie des acteurs non innovants.

Lors des crises passées ont été commises de nombreuses erreurs au nom du bien commun, telles que la fermeture des frontières, la cartélisation des domaines industriels. Selon lui, seul le libre échange peut s’imposer. Sorman se déclare partisan de la suppression de toutes les entraves.  La régulation autoritaire n’est pas la solution, pour les entreprises en difficulté, il est préférable de recourir à la recapitalisation, et la mise à l’abri des entreprise, pour qu’elels soient moins dépendantes des aléas du marché, il faut les insérer dans des systèmes fiscaux adaptés. Il est indispensable de se diriger vers un rythme de croissance élevé, tout en veillant à ne pas détrire l’environnement.
Guy Sorman revient à plusieurs reprises sur les conditions de l’innovation.

C’est évidemment contraire à tout ce qui est enseigné dans le monde scolaire ; et d’une façon générale à notre propre système universitaire, dominé, dit-il, par le terrorisme intellectuel. Et c’est pourquoi, soutient-il, les chercheurs oeuvrant dans le  domaine des sciences de la vie ont tous migré vers les Etats-Unis.

L’économie, assène-t-il, ne peut pas marcher mieux que la nature humaine, et l’économie de marché est le reflet de cette nature humaine.

Par le biais des dépôts de brevets aux Etats-Unis on peut être certain que les Américains détiendront toujours une position de leadership. Et cette situation est directement liée au système des universités américaines qui d’une part sont dominées par la compétition, et, d’autre part, sont soutenues par une relation étroite entre les universités et le le monde des entreprises. Il faut gérer les phénomènes sociaux, mais pas tout mettre par terre.

Il énumère les conditions d’un bon développement : sécurité mondiale, sécurité des contrats, sécurité juridique ; visibilité de la route à parcourir pour l’entrepreneur, visibilité et prévisibilité, danz ce domaine, l’Etat et bien le gardien suprême. La démocratie est une condition fondamentale, les despotismes ont toujours fragilisé les économies.

La croissance, dit-il, change radicalement la vie.

Je précise que je partage pas les points de vue de Guy Sorman, ses développements doivent être considérés comme une contribution au débat actuel.

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Une Réponse to “Débat – Economie – Crise : Guy Sorman”

  1. Guy Sorman Says:

    J’ ai toujours été modéré , en tout ; c’est ma réputation qui ne l’est pas. Cette réputation est souvent l’oeuvre de ceux qui ne m’ont pas lu : ce qui est leur droit . Pour ma part , je ne gère que mes écrits et mes paroles , pas mes relations publiques.
    Merci de votre intérêt pour mes travaux.
    Guy Sorman

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