Les deux journalistes de FR3 et leur escorte enlevés en Afghanistan mercredi ont été attaqués dans un secteur censé être bien tenu par les troupes françaises. L’équipe de télévision n’a-t-elle pas bénéficié d’une protection spéciale, alors que nulle n’ignore que ce genre de cible – les journalistes – est particulièrement appréciée par les ravisseurs ? Lesquels, en outre, détestent toute forme de presse, toute forme d’information qui ne relève pas de la stricte propagande clandestine.
Je dois avouer avoir passé beaucoup de temps à dissuader de jeunes journalistes “prêts à partir en guerre” d’aller trainer leurs bottes dans ces secteurs hautement sensibles. La prise de risque ne vaut pas l’enjeu. Jamais un producteur de télévision, jamais un rédacteur en chef ne saura assez remercier les jeunes foldingues partis sur les pistes.
Ils ont raison de vouloir y aller, mais ils devraient avoir conscience du fait que ce genre de reportage présente le risque maximum. Le seul moyen pour y aller sans trop de casse est d’être “embeded”, embarqué au milieu de troupe combattantes. Comme l’un de mes jeunes amis qui vient de finaliser une magazine consacré à la protection contre les pirates des navires marchands dans le golfe d’Aden. Encore que l’exemple de la journaliste canadienne tuée mercredi dans un attentat prouve que ce n’est pas toujours suffisant.