Quelle crise ?

By phmadelin

Je ne veux pas être particulièrement optimiste. Mon examen du quotidien ne le permet pas. Mais les observations visuelles ne vont pas dans le même sens. Comme beaucoup, j’ai pris quelques jours de vacances, à Cannes. L’une des villes les plus opulentes de France. Au départ, le TGV : plein à craquer, plus une seule place disponible pour les deux weekend de fête. Dans le train, des familles entières, des bébés, des bébés. C’est frappant quand on a été un peu à l’étranger comme moi cette année : les familles frnçaises sont bien fournies, les parents décontractés et attentifs. Les avions sont également pleins, dans les deux sens, pour aller et repartir, vers les sports d’hiver, vers la Côte. Même topo sur les autoroutes, malgré le froid, le verglas, la neige. Dans la gare de Cannes, la foule, les bras chargés de cadeaux. Dans les restaurants, toutes les tables sont prises d’assaut dès 7 heures du soir. Vous m’objecterez qu’à Cannes, on rencontre surtout des touristes étrangers, italiens de préférence. Mais les touristes, n’est-ce pas du pouvoir d’achat ? Apparemment, c’est moins brillant dans les boutiques de fringues : on attend les soldes. Dans les stations de sports d’hiver, un enneigement exceptionnel réjouit tous les professionnels. Sans compter tous ces Français malins qui profitent de la baisse de la Livre pour courir les soldes monstres à Londres. Etc. Les signes de la crise ne sont pas évidents, il semble que les chiffres corroborent l’observation, même si les habitudes de consommation se modifient, comme le relèvent les instituts spécilisés. Plusieurs sont convaincus que cette frénésie de consommation précède la vraie crise. On verra.

C’est ce que semble suggérer un sondage publié le 4 janvier par le Journal du Dimanche : selon l’IFOP, 69 % des Français envisageraient de moins consommer en 2009.  Les produits de haute technologie (informatique, écrans plasma…), les sorties au restaurant et les voyages seraient les premiers postes concernés par une réduction du budget des dépenses: ces trois postes sont respectivement cités par 52%, 48% et 44% des sondés. A l’opposé, l’alimentation (19%), la téléphonie (34%) et l’habillement (37%) seraient les postes les moins touchés par une restriction des dépenses. Alors ? Les Français pratiquent-ils le voeu pieux comme il sied en début d’année, ou bien la vérité toute crue ?

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